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Regarder sur YouTubeMais, mais Jérémy, franchement, qu'est-ce que t'es en train de faire ? Je pose des questions et toi, tu... Qu'est-ce qui se passe ? On a enfin le fond de pourquoi son énervement sur ces questions. Il est effectivement juge et partie.
C'est pour ça qu'il défendait corps et âme et interdisait Charles Aloncle de poser ses questions, parce qu'il savait qu'il allait être éclaboussé. Attention, please. Donc Jérémy Patri-Létu, président de la commission, et souvenez-vous de ce extrait qui a fait grand débat.
Mais non, mais... Mais Jérémy, franchement, mais qu'est-ce que tu fais là ? Pourquoi tu... T'interromps... Monsieur le rapporteur... Je viens de... J'avais encore plein de questions à poser ! Je viens de suspendre cette audition.
Voilà, il arrive en mode premier de la classe. Non, c'est bon, on a discuté avec le président, avec le ministre. Non, c'est moi qui ai raison. C'est insupportable. Sur cette audition, monsieur le rapporteur vient de me mettre en cause que vous ayez des liens, on le verra peut-être, avec des actionnaires de Media One.
Vous pourriez... Voilà, c'est pour ça qu'il a pété un câble. Il m'a mis en cause alors que c'est tout des faux ! Bon, bah finalement, c'est un peu plus vrai que prévu. Révélation, Jérémy Patri-Létu, président de la commission d'enquête sur l'audiovisuel public, a été soupçonné d'enrichissement personnel via des fonds parlementaires par la déontologie de l'Assemblée nationale.
Écoutez ça. La mise en page du site, par contre, est dégueulasse, mais l'information est très intéressante. Jérémy Patri-Létu, député Horizon, président de la commission d'enquête sur l'audiovisuel public, au programme neutralité et usage des deniers des Français, mais voilà, selon nos informations, il y a quelques mois, il y a quelques mois, le député a été alerté d'un risque d'enrichissement personnel via des fonds parlementaires par la déontologie de l'Assemblée nationale.
Mise à jour. Il a été le premier à dégainer. L'affaire bien connue sous le nom de Legrand Cohen n'était qu'à ses débuts que le député Horizon publia une tribune dans le Figaro titrée ainsi. Affaire France Inter, un journaliste du service public ne devrait pas dire ça.
Une tribune dans laquelle celui qui est également vice-président de la Commission des affaires culturelles de l'Assemblée nationale annonçait avoir saisi l'ARCOM, en joignant le régulateur français de l'audiovisuel à se saisir avec fermeté de cette affaire et prendre la mesure qui s'impose.
Un coup rude pour les défenseurs des journalistes pris la main dans le sac, qui pensaient s'en sortir à coup de « c'est l'extrême droite ». Pire encore, le député précisait qu'il avait aussi été administrateur de Radio France de 2022 à 2024, et la tribune se concluait ainsi.
L'audiovisuel public appartient à tous les Français et non à ceux qui voudraient s'en servir pour infléchir le cours d'une élection. Nous, on fait ce qu'il faut pour Dati, Patrick et moi, alors non, un journaliste du service public ne devrait pas dire ça et il ne devrait jamais penser que c'est anodin de le dire.
L'affaire n'allait pas en rester là. Le 26 septembre, Éric Ciotti, président de l'Union des droites, déposait une proposition de résolution proposant la création d'une commission d'enquête sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l'audiovisuel public.
À peine un mois plus tard, la commission, donc toute cette commission vient aussi de Patrick Cohen et tout le bazar, tout provient de ce tremblement de terre. À peine un mois plus tard, la commission des affaires culturelles et de l'éducation de l'Assemblée nationale le jugeait recevable.
Composée de 30 députés issus de tous les groupes politiques de l'Assemblée et d'un député non-inscrit, la réunion constitutive élisait lors M. Jérémie Patrier-Létu président et désignait Charles Aloncle, député UDR de la 9e circonscription de l'Hérault, en fonction de rapporteur.
C'est là qu'est l'os. Conformément aux termes de la proposition de résolution, cette commission d'enquête visa à rechercher l'existence de potentielles collusions avec des facteurs exogènes, pression politique, levier d'influence, lobby, et de conflits d'intérêts qui pourraient avoir influence sur le processus de décision.
Faire le point sur la gestion, la répartition et l'utilisation des budgets consacrés à l'audiovisuel public. Une question pointe alors le bout de son nez. Jérémie Patrier-Létu est-il la bonne personne pour présider cette commission ?
Rechercher de potentielles collusions avec des facteurs exogènes lorsqu'on a été administrateur de Radio France jusqu'à il y a un an se révèle bougrement audacieux. De même qu'on se retrouve à auditionner un ancien ministre de la Culture, Franck Riester, le mercredi 4 février, chez qui on a fait ses classes.
Peut laisser songeur. Quant au sujet qui fâche, la bonne utilisation des deniers publics, 4 milliards tout de même, mieux vaut avoir les fesses propres comme dit le proverbe, et c'est là que ça coince.
En avril dernier, le député Horizon recevait dans sa boîte aux lettres un courrier bien salé du déontologue de l'Assemblée nationale. Ce dernier s'inquiétait d'un risque d'enrichissement personnel sur le dos des contribuables.
Ce n'est pas la première fois. Tout l'argent de l'AFM, l'avance des frais de mandat, remplacée par la dotation des fonctionnements parlementaires, est pour lui. Nous rapporte un témoin. Pour quelles questions ?
Il paye son jardinier, il paye sa femme de ménage, il paye son logement à Paris aussi, explique un autre. Le député Horizon nous a contacté après publication de cet article, affirmant qu'il avait lui-même saisi le déontologue, ce que nous confirmons après vérification.
Son objectif était de vérifier si le montage effectué ou prévu resterait dans les clous. Donc le mec fait un montage et il appelle le déontologue pour savoir si c'est faisable. Si tu cites un doute, c'est que déjà tu es en train de faire un montage qui n'est pas déontologique.
Mais parlons de logement. Le député est propriétaire d'un bien dont il rembourse l'emprunt avec ses deniers personnels. Mais il a ensuite changé de stratégie, mettant ce bien en location. Le montant du loyer couvrait dorénavant le montant de l'emprunt.
Mais où habite-t-il désormais ? Dans une location qui fait tiquer le déontologue. Premier problème, qui paierait le loyer ? Sa compagne, lui par ses deniers personnels, et une partie significative par les moyens de l'Assemblée nationale, explique le déontologue, soit environ 1600 euros.
En effet, les députés peuvent, selon certaines conditions, bénéficier d'un remboursement de leur loyer à hauteur de 1200 euros par mois s'ils optent pour la dotation d'hébergement. Pour les 400 euros restants, Jérémie Patrier-Letu piocherait dans la fameuse AFM.
Malin. Mais voilà, cette dotation s'adresse exclusivement aux députés ne disposant pas d'une solution d'hébergement en région parisienne. Or, lui, est propriétaire d'un appartement à Paris. Et pourquoi on ne supprimerait juste pas cette AFM ?
Ils ont un loyer, ils ont un salaire, point. Moi, quand mon boulot est loin, ma boîte ne m'a pas dit « ah, on va te payer un appart, vous inquiétez pas. » Second problème, sa famille y habite-t-elle ? En effet, le pied-à-terre financé par l'Assemblée nationale ne doit pas être la résidence principale du député.
Et le propriétaire ne doit être ni le député, ni son conjoint, ni un de ses ascendants ou de ses descendants. Mais attends, je n'ai pas compris, du coup, l'Assemblée nationale finance un appartement, mais tu n'as pas le droit d'habiter dedans ?
Or, il semblerait que le député y fasse vivre sa famille de manière permanente, selon le déontologue. En effet, même si vous établissez que le logement ne constitue pas votre résidence principale, le fait que votre famille y habite de manière permanente laisse supposer que vous pourriez y résider pour la durée strictement nécessaire à l'exercice de votre mandat et me paraît donc créer une présomption d'usage des lieux.
Après, l'enfer de l'administration française. On vous paye un appart, mais t'as pas le droit de vivre dedans et surtout pas ta femme et tes gamins. Et à ce moment-là, ne lui payez pas d'appart ! Arrêtez avec cette connerie !
Donc en fait, il peut acheter l'appart avec l'argent, le garder pour lui et après le revendre. Et ce n'est pas tout. S'agissant des autres frais, abonnements, assurances, internet, j'estime que le même processus que celui appliqué aux loyers devrait être respecté et que vous ne devriez financer qu'un tiers de ces dépenses avec l'AF